L’Artothèque rend hommage à Stéphane Buissart, artiste du collectif depuis 2010, disparu des suites d’une maladie.
Je relisais cet article que Stéphane a écrit il y a quelques années pour le site de l’Artothèque : « L’Homme fâché », consacré l’œuvre Guernica de Pablo Picasso.

Stéphane y analyse le décalage entre la représentation d’une œuvre et la perception qu’en a le public.
Cette réflexion éclaire profondément son propre travail : une peinture figurative exigeante, où corps déformés, espaces construits et tensions visuelles renvoient chacun à notre regard, à notre expérience, à notre humanité.
Cette « humeur » de Buissart nous donne envie d’explorer les messages nombreux laissés dans ses œuvres, car Stéphane s’adresse encore et toujours à nous.

Peintre exigeant et profondément humain, son travail explorait la figure, la déformation, la mémoire et l’espace, dans une tension constante entre rigueur du dessin et construction géométrique.
Son œuvre dialoguait notamment avec celle de Vladimir Veličković qui l’inspirait, dans une réflexion lucide et sans concession sur notre humanité.

Vice-président de l’Artothèque, Stéphane a joué un rôle essentiel par ses conseils artistiques, accompagnant les choix d’expositions et de thématiques avec intelligence, engagement et générosité.

Je me souviens également de cette exposition de l’Artothèque à la maisonnée Saint François de Blois, alors que les œuvres présentées par Stéphane avaient laissé les organisateurs dubitatifs et même un-peu réticents dans le contexte du lieu d’exposition.
L’accueil de ses œuvres par les résidents, auquel nous avons été attentifs, fût étonnamment très positif compte-tenu notamment de l’humanité dégagée par ses personnages.

L’Artothèque salue aujourd’hui l’artiste, le regard, et l’homme qu’il a été.
Une exposition hommage à Stéphane est en préparation pour dans quelques mois avec la participation d'artistes et d'anciens élèves.
Jean-Jacques Milhem